L'art du feedback à chaud dans le recrutement.

sites • 15 avril 2019
Les candidat·es ADORENT qu’on leur dise “non”.

Ah non, ce n’est pas ça.

Les recruteurs ADORENT “dire non” aux candidat·es.

Bien sûr, c'est tout aussi faux ! Dire "non" à un·e candidat·e est un moment incontournable du processus de recrutement, mais il est délicat (entendez par là: "désagréable", "inconfortable", voire "tout à fait rebutant"). Nous avons tendance à repousser cette étape (ce qui est une erreur !) et à éviter de le faire de vive voix, préférant rester confortablement derrière notre clavier (ce qui est également une erreur).

ET POURTANT, il existe bel et bien un moyen de rendre ce refus plus humain, donc moins pénible pour tout le monde, et c’est en “préparant le terrain”, en le couplant avec un "feedback à chaud". Parce que oui, les candidat/es apprécient cela !

L'étape du refus reste complexe, mais toute la subtilité réside dans le fait de transformer une expérience marquante, potentiellement traumatisante, en une opportunité d'apprentissage, que ce soit sur soi-même, sur l'impression que l'on donne, sur la manière dont une entreprise mène ses recrutements, et éventuellement sur la façon dont nous pourrons "faire différemment" la prochaine fois. En somme, il s'agit de permettre à des personnes de perfectionner leur expertise de "candidat pour un nouvel emploi" (un talent qui n'est pas toujours très rémunérateur, je vous l'accorde).

Quand un sourceur ou toute personne impliquée dans un recrutement s'engage, partage son ressenti, son expertise avec un·e candidat·e, il lui offre de l'authenticité et de la transparence (et il fait économiser énormément de temps et d'énergie à tout le monde). Et en même temps, il lui offre l’opportunité de “redresser le tir” sur la suite de son parcours, et si celui-ci s’achève avec un “non”, de faire en sorte que celui-ci n’aboutisse pas comme un couperet sorti de nulle part. Un peu comme les reviews entre Manager et collaborateur, où l’on est censé synthétiser les temps forts des trimestres écoulés sans qu’aucune remarque non évoquée au fil de l’eau ne sorte du chapeau.

Et faisant cela, le sourceur, recruteur ou hiring Manager offre aussi au candidat la possibilité de progresser “en tant que "candidat”. Et ce qui est remarquable, c'est que cela est potentiellement utile, que le feedback soit juste ou biaisé: en effet, le candidat peut choisir de prendre en compte ce feedback et de travailler sur les aspects qui ont conduit à son écartement (selon le poste, la société, le moment de sa carrière : parce que rien n'est JAMAIS absolu en matière de recrutement), mais cela fait également appel au libre arbitre du candidat, qui peut évaluer si l'entreprise visée correspondait réellement à ses attentes ; et choisir en toute conscience : "je veux continuer à me présenter de cette manière, c'est une partie intégrante de ma personnalité, je ne souhaite pas y renoncer”. Et c'est OK !

Certes, on pourrait penser que partager un feedback "à chaud" comporte des risques, que l'on peut changer d'avis, que nous ne sommes pas les seuls à avoir notre mot à dire dans un processus de recrutement. Et c'est vrai. Mais partager du feedback n’engage que soi ; il ne signifie pas forcément interrompre le processus ; on peut aussi exprimer ses doutes, ses interrogations, susciter le dialogue... Et expliquer les choses calmement, sans condescendance, en les replaçant dans leur contexte. En pratiquant cela avec empathie et un véritable intérêt pour l'autre, jamais, au cours de toutes ces années, je n'ai eu en face de moi un candidat qui m'ait reproché de lui fournir ce feedback. Au contraire, la plupart cherchent à s’assurer qu’il comprennent bien ce qui a été formulé, proposent immédiatement des solutions pour les opportunités futures qui se présenteront à eux... L'aspect "humain" de l'échange est bien présent, avec toute la bienveillance et le souci de l'autre qu'il implique ; les relations sont consolidées, l'image de l'entreprise est non seulement préservée, mais enrichie positivement. Et mine de rien, nous autres sourceurs, préservons aussi notre karma.

Alors pourquoi donner du feedback ? Pour transformer une étape compliquée en opportunité d’apprentissage et d’agilité (une soi-disant défaite en leçon ?). 

Et quand donner du feedback ? A la fin de chaque point de contact ! Juste avant l’annonce des next steps !
July 4, 2024
"Peau de lapin... peau de lapin." Eh oui ! Pour cette rentrée 2023, TheWhiteRabbit s'offre un relooking ! L'agence a démarré son activité sur les chapeaux de roue en 2021 et n'avait jamais pris le temps de se poser sur son image, son positionnement, ses valeurs. Tout cela était très clair dans nos esprits mais, aspirés par le développement de notre activité, nous ne l'avions jamais posé sur papier ! Grâce à l'arrivée de Margot dans l'équipe, c'est désormais chose faite. Nous vous dévoilons ici les dessous de la toute nouvelle ligne éditoriale et graphique de l'agence: un esthétisme épuré et sans prétention, une posture de prestation sur-mesure et de partage des savoirs: nous n’avons pas fait les choses à moitié ! En réalité, l’image de marque, c’est bien plus important qu’on ne le croit (comme le souligne régulièrement Margot à tous ceux qui veulent bien l'écouter :-)). Aborder son activité avec le souci d'assurer la meilleure prestation qui soit, c'est (déjà) très bien. Savoir communiquer autour de cette notion, c'est encore mieux ! Chez TheWhiteRabbit, nous passons notre temps à prendre soin de la marque employeur des entreprises pour lesquelles nous sourçons / recrutons, à travers chacun de nos messages, chacun de nos échanges avec les talents, chacune de nos publications. Mais c'était un peu (complètement, si je suis tout à fait franche) au détriment du branding de l'agence, avec son logo dessiné en 2 heures sur le coin d'une nappe et son USP inexistante. Et c'était d'autant plus tentant de ne pas y investir de temps que jusqu'à aujourd'hui, nos Clients sont tous venus à nous sans aucune communication ni sollicitation de notre part ! Une bonne "claque" à l'ex-professionnelle du marketing que je suis, soit dit en passant: le bouche-à-oreille (et donc... une fois encore... l'humain), c'est décidément le meilleur canal de développement possible, le plus confortable, aussi ; et ça ne coûte "que" de faire en sorte que ses Clients deviennent spontanément vos meilleurs agents commerciaux !
July 4, 2024
Au plus proche de nos clients ! Installés depuis quelques années à Carouge, d'où nous diffusons notre expertise en "craquage d'algorithmes", en data analytics (débiaisage de jeux de données) et en stratégie de recherche d'emploi auprès des jeunes professionnels·elles du canton de Genève, TheWhiteRabbit se rapproche de Lausanne et investit l'écovillage de Grandvaux, à deux pas de l'épicentre de l'innovation industrielle et technologique romande. En bonus, une vue à couper le souffle sur le lac et les montagnes qui s'y plongent ! Le canton de Vaud, au-delà de ses reliefs à l'incontestable beauté et de ses bâtiments ultramodernes, est aussi un véritable hub d'innovation international qui a vu naître ces dernières années une multitude d'entreprises innovantes des secteurs technologique et industriel. C'est également le foyer d'Universités, d’Instituts et de pépinières de renommée internationale, tels que l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et ses spin-offs prometteuses, capables d'attirer les têtes pensantes de demain et de leur offrir un terreau de développement foisonnant. Toujours soucieuse de nouer et de préserver des relations exclusives et privilégiées avec ses clients·tes comme avec les candidats·tes, TheWhiteRabbit élargit son écosystème et participe à cette émulation des talents. Le digital, l'automatisation, le distanciel, oui. Pour un maximum de productivité et d'efficacité. Mais jamais - au grand jamais - au détriment de notre raison d'être et de ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue: entretenir des relations riches et authentiques, et susciter la possibilité, dès que faire se peut, de partager son expertise, de réfléchir ensemble et de construire autour d'une table (ou d'un café). Alors... à très vite à Grandvaux, Lausanne ou ailleurs ?
July 4, 2024
Avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités ! À l'ère de la course effrénée aux innovations technologiques, ChatGPT arrive bien sûr en tête des plus notables de ces derniers mois. Et ce n’est que le début (du début). Est-ce que les possibilités que l’on touche désormais du doigt font rêver et donnent le vertige ? Oui. Est-ce que l’on est tous suffisamment conscients de l’envers du décor de l’IA ? A mon sens, clairement, non. Pour enclencher l’apprentissage d’une IA, il est primordial de passer par de l’annotation: on étiquette les données pour qu’elles soient convenablement répertoriées. C’est un travail titanesque de tâches extrêmement répétitives. Pour ce faire, rien de mieux que… Les humains, car l’intelligence humaine est, rappelons-le : l’incontournable socle d’une intelligence artificielle. Mais où et comment sont construits les algorithmes ? Je suis sourceuse. Les conditions de travail, je ne prends pas ça à la légère. Dans de nombreux cas, l'industrie du “travail numérique” est externalisée vers des pays en voie de développement, avec des coûts de main-d'œuvre extrêmement bas en comparaison avec ceux pratiqués “dans nos contrées”. Une enquête récente a révélé que l'entreprise SAMA, établie en Californie et se présentant comme une entreprise “éthique” spécialisée dans l'IA, employait des travailleurs kényans à Nairobi pour un salaire horaire inférieur à 2 dollars pour la tâche consistant à annoter du contenu pour ChatGPT. De manière générale, les annotateurs travaillent dans des conditions extrêmement précaires entretenues en partie par une bulle d’anonymat : ils n’ont pas de connaissance précise de l'entreprise pour laquelle ils contribuent (d’ailleurs, sait-on bien qui est derrière ChatGPT et comment sont indexées les données ? Selon quels critères, quels objectifs, quelle culture ?). Dans la plupart des cas, ces personnes sont conscientes qu'elles participent à l'entraînement des intelligences artificielles pour le bénéfice d’une entreprise dont la localisation demeure parfaitement floue. Pourtant, l'injustice est criante: des salaires de misère, des conditions de travail déplorables, pour enrichir des multinationales à l’origine de développements adoptés à l’unanimité sans aucune remise en question. Résultat du système: encore une fois, on creuse le fossé entre les ultra-riches (nous), les 1% de l’humanité qui consommons 99% des ressources de la planète et détenons 99% des richesses. Nous, les utilisateurs de chatGPT, qui nous délectons de la possibilité de créer des chiens-girafes avec un casque de motard à plumes. Et de gagner en productivité à tout prix, bien sûr, puisque là est la seule et unique forme de subsistance envisagée: le graal, la croissance à tout prix, sans se poser de questions ! Reprenons le cas de ChatGPT et de SAMA. Outre le fait que les employés sont rémunérés à moins de deux dollars de l'heure, leur travail implique la détection de contenus toxiques, dans le but d'améliorer les futures versions des modèles d'IA. Cela signifie qu'ils sont confrontés à des milliers de textes traitant par exemple d’inceste, de mutilations, de meurtres ou de tortures, certains d'entre eux avec un caractère pour le moins explicite. Cette exposition répétée à des contenus aussi violents peut avoir des conséquences sur la santé mentale des personnes qui la subissent. Est-ce que quelqu’un en tient compte ? On peut s’inquiéter à bon escient de la protection de ses données (personnelles, professionnelles) lorsqu’on les rentre dans ChatGPT, et, pourquoi pas, de la notion de propriété des “créations” générées par l’IA (le fameux chien-girafe qui fera une carte de vœux tellement fun). Mais QUI, aujourd’hui, questionne la responsabilité des entreprises qui “emploient” les annotateurs tout en déterminant pour nous de manière tout à fait opaque, partiale et capitaliste la vision que l’on doit avoir du monde ? (ce nouveau monopole que l’on est en train de mettre en place joyeusement fera très probablement l’objet d’un prochain post) La solution ? Je ne l’ai pas. Est-ce que je boycotte ChatGPT pour autant ? Loin de là. Je l’ai moi aussi intégré dans mon quotidien professionnel il y a des mois de cela, et je le vois grignoter aussi petit à petit mon quotidien personnel. Mais la réflexion ne fait que commencer, en est à ses prémices, et réveiller les consciences - du moins je l’espère - pourra peut-être contribuer à ce que les questions fondamentales d’équité, d’inclusivité, de respect, de décence… soient enfin mises au cœur du débat. Que la course continue, c’est désormais inévitable. Mais si on pouvait baliser un peu plus la piste, moi je ne dis pas non. Sources : https://time.com/6247678/openai-chatgpt-kenya-workers/ https://www.theverge.com/features/23764584/ai-artificial-intelligence-data-notation-labor-scale-surge-remotasks-openai-chatbots https://theconversation.com/enquete-derriere-lia-les-travailleurs-precaires-des-pays-du-sud-201503 https://www.france24.com/fr/%C3%A9co-tech/20230120-chatgpt-sama-l-entreprise-%C3%A9thique-derri%C3%A8re-les-scandales-de-mod%C3%A9ration-au-kenya
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